Tête extravagante, bouche tubulaire qui lui sert à aspirer les crustacés, les deux yeux qui regardent de manière indépendante et un corps serti d’anneaux… pourtant avec ses branchies (regardez les opercules, derrière les yeux) et ses nageoires (pectorales juste derrière la tête et une dorsale) c’est bien un poisson.
Ses couleurs variées (brun, or, vert, orange) selon le milieu marin où il évolue lui servent de camouflage. Bien pratique car il est incapable de fuir face à l’agresseur, il ne sait que se propulser en avant lentement. Il appartient à la famille des syngnathes et il en existe une cinquantaine d’espèces réparties dans toutes les mers du globe.
Reproduction En période de reproduction, le mâle séduit la femelle, le couple parade pour une danse nuptiale très élégante, queues emmêlées, ventre contre ventre, couleurs vives… La femelle va ainsi pondre ses ovules dans la poche du mâle où ils sont fécondés. Elle pond de 200 à 250 oeufs qui resteront dans le ventre du mâle pendant quelques semaines où ils éclosent et apprennent à nager. Alors seulement, le mâle accouche par des contractions violentes, il expulse les jeunes par petits groupes. Cul par-dessus tête, déséquilibrés, ils s’accrochent à un support pour trouver leur stabilité verticale.
Une fine bouche La grande difficulté en aquarium est de nourrir ces jeunes hippocampes. Il faut en effet cultiver des nauplies d’arthémias et rotifères dont ils vont se régaler. Par la suite, il faut les habituer à la nourriture congelée et les plus difficiles se laissent mourir de faim. Pas trop de courant ni de bulles d’air non plus car le « cheval de mer » serait alors déséquilibré et incapable de reprendre sa nage lente et verticale.
Sur deux pontes, seuls deux bébés hippocampes ont pu être gardés. Ils ont aujourd’hui 5 mois et sont en pleine forme. À 6 mois, ils pourront rejoindre les autres dans l’aquarium, pour le plus grand plaisir des visiteurs.
Une espèce menacée Ceux là ont plus de chance que leurs voisins d’Asie victimes de la pêche intensive. Les principaux pays exportateurs sont la Thaïlande, les Philippines, le Vietnam et l'Inde, principalement pour la pharmacopée chinoise (16 millions chaque année). La poudre d’hippocampe est très prisée pour ses effets soit disant thérapeutiques et aphrodisiaques (mais encore jamais prouvés). Aujourd'hui, plus de 20 millions d'hippocampes sont pêchés et commercialisés dans le monde chaque année.
Deux événements viennent éclaircir le sombre avenir de ce merveilleux poisson. D’une part, la convention sur le commerce international des espèces de la faune et flore sauvage menacées d’extinction (CITES) signé à Santiago qui vise à réglementer le commerce des hippocampes. Et d’autre part le lancement du Viagra en 1988 qui semble concorder avec un recul dans la demande des produits animaux considérés aphrodisiaques.
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